Il faut se demander en quoi un billet « coup de gueule » supplémentaire était opportun. Mais après tout, ce Club a essentiellement une fonction cathartique pour l’auteur de ce billet et s’il peut servir à clarifier quelques unes des idées reçues du moment, le billet s’avérera être opportun. Certains disent bien qu’il faudrait arrêter d’être « anti » quelque chose pour paraître crédible (I). D’aucuns répètent à l’envie que les récents revers européens du PS, du MoDem ou d’autres partis minoritaires sont dus à un conservatisme refoulé (II). Sur ce point, il fallait oser : respect ! Enfin, les mêmes prétendent qu’il n’y a pas d’autre alternative (III). Pour ce faire ils amalgament sans scrupule le concept de libéralisme au mode d’organisation sociétal du capitalisme (IV).Lire la suite… “Comment se tirer une balle dans le pied - petit vademecum du parfait conservateur”
Giuseppe de Vergottini a écrit : « dans une démocratie libérale, ce qui caractérise aujourd’hui le pouvoir judiciaire, c’est son indépendance ».
Or, la conception française du « pouvoir judiciaire » s’est depuis deux siècles confrontée à deux principes antagonistes : assurer l’indépendance de la Justice conformément à la théorie de la séparation des pouvoirs ; interdire toute immixtion des juges dans les préoccupations politiques des pouvoirs exécutif et législatif.
Contrairement à la Constitution des Etats-Unis (EU), l’expression « pouvoir judiciaire » n’apparaît pas dans la Constitution de la Vème République. Cependant, le « pouvoir judiciaire » s’est vu reconnaître un statut constitutionnel dès 1791, mais son rôle a été pendant longtemps réduit à l’exécution des décisions politiques des pouvoirs exécutif et législatif. Par exemple, la loi des 16 et 24 août 1790 a retiré aux magistrats le droit de juger les actes commis par les agents du gouvernement (l’administration). Ensuite, pendant 25 ans, les magistrats ont été de plus en plus dépendants du pouvoir exécutif. D’une part, le Code napoléon (Code civil mais également les suivants) et, d’autre part, le jacobinisme révolutionnaire et l’autoritarisme de l’Empire ont assujetti le « pouvoir judiciaire » aux deux autres pouvoirs (de la Révolution française à 1815).[1]
Hier, un commentaire a été envoyé à propos du dernier billet concernant M. Thatcher. Suite à une erreur d’un administrateur débutant (lol), le commentaire a disparu mais le voici reproduit ci-dessous :
« On peut ne pas être d’accord avec la politique de Thatcher. Mais ça n’empêche pas d’avoir de vrais arguments. Ici il n’y en a pas. C’est quoi l’intérêt de ces propos? C’est une critique? De quoi? De qui? Ce blog m’avait habitué à mieux, du point de vue de l’argumentation et du style. »
Chacun a le droit d’exprimer ses opinions sur ce blog - dans le cadre des lois républicaines - et tout associé peut rédiger un petit billet (de même, l’association est ouverte à tous). Concernant le billet précédent, l’intérêt du billet réside dans la présentation d’un documentaire qui a de fortes chances de rester inconnu du grand public. C’est bien évidemment une critique positive. « De quoi », du documentaire et de son contenu. « De qui » ? De L’autre… Un des associés !
Les arguments sont présents. L’autre critique la politique de Thatcher et présente un bilan incontesté : le chômage avait augmenté ; le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté aussi. Les prélèvements publics ont baissé de 2 points du PIB en 11 ans mais la productivité[1] des travailleurs britanniques s’est dégradée. En d’autres termes, pour gagner autant, un Britannique doit travailler plus qu’un Français, Allemand, Néerlandais, Danois etc. etc…
Alors, entendons-nous bien. Le bilan est peu ou prou le même pour la France. Mais nos dirigeants y sont allés doucement, plus progressivement, peut-être plus démocratiquement. Puis, vint N. Sarkozy qui osa tout… Mais je m’arrête là car il ne faudrait pas mettre dans le même sac R. Reagan, M. Thatcher, les Bush, S. Berlusconi et N. Sarkozy. Si ?
[1] Ce petit débat date de la dernière élection présidentielle (pendant l’entre-deux tour). Il est toujours d’actualité et il oppose un brillant économiste (T. Piketty) à un autre économiste conservateur (N. Baverez) et à M. Copé.
« C’est la seule homme du gouvernement anglais » disait François Mitterrand à son sujet.
Margaret Thatcher est une des figures principales de la politique des années 1980. Pour ses partisans et même certaines personnes du Labour, c’est celle qui aurait permis de moderniser le Royaume-Uni. Mais pour beaucoup et sans doute trop de sujets britanniques elle restera la Dame de Fer.
Le reportage de William Karel, récompensé au FIPA, qui s’intitule « Qui a tué Maggie ? » nous présente sa fin de mandat.
En quelques chiffres une réalité sociale brutale nous revient en pleine face.
Plus 3 millions de chômeurs en 4 ans, une population vivant sous le seuil de pauvreté passant de 8 à 22 % dont 1/3 d’enfants, 300 morts en 3 semaines dans les Fauklands pour un conflit sans importance stratégique ni économique. Voila juste le départ des 11 années de pouvoir de Thatcher.
Puis, vint la Poll tax responsable des plus grosses émeutes dans tout le royaume depuis les années 1920. Un impôt unique et de même valeur quelque soit le revenu du contribuable.
L’histoire de sa chute commence quand le manque de dialogue avec son ministre Geoffroy Howe le poussa à la démission. S’en suivi un discours lapidaire de ce dernier à la Chambre des Communes où il déclara ironiquement « Je suis sans doute le seul ministre qui démissionne d’un gouvernement parce qu’il est d’accord avec sa politique ». En quelques jours cela provoqua la rébellion de 2 députés conservateurs Heseltines et Mates qui entraînèrent finalement tout le parti à ne plus revoter pour élire Madame Thatcher à sa tête.
Le détail de ces quelques jours nous est compté par des témoins et acteurs directs dans ce documentaire, ce qui en accentue le sérieux. Une bonne leçon de reportage classique sur l’histoire contemporaine. Puissions-nous la retenir contrairement à Madame Thatcher qui depuis 7 ans maintenant souffre de la maladie d’Alzheimer…
Je vous adresse à toutes et à tous mes meilleurs vœux pour l’année qui s’entame. « 2009 ne pourra pas être pire que 2008 » diront certains (ce qui revient à dire que 2008 était un mauvais cru, accidentel bien sûr, et que 2009 sera probablement une année dure et ingrate). D’autres préfèreront prédire qu’on n’a pas tout vu.
Bref, l’année ne s’annonce peut-être pas sous les meilleurs auspices, mais n’oublions pas que 2008 est loin d’être une si mauvaise année que ça. Nous avons connu pire !
Sinon, c’est encore la fausse opposition du « verre à moitié plein ou à moitié vide » qui prévaut. En effet, en 2008, par exemple, il y a eu l’indépendance du Kosovo en février. Même si, dès mars, la crise systémique s’enclenchait dangereusement, il y a quand même eu nationalement de belles élections municipales. Très objectivement, elles ont été le reflet d’un revirement électoral incontestable et elles ont été suffisamment démocratiques.
Puis, le printemps arriva et les beaux jours avec lui. Le travail, les examens, la recherche d’emploi ont repris le contrôle. Jusqu’à l’accalmie de l’été. Justement, lors de la période estivale (le 23 juillet 2008), la Constitution a été modifiée. Une 24ème révision conséquente, qui modifie plus de 40 articles, instaure un contrôle de constitutionnalité« par voie d’exception »[1] et simplifie la procédure législative, a effectivement amendé notre norme fondamentale.
Enfin, il y a eu l’élection de Barack Obama en novembre. Sur ce sujet-ci, tout a été dit (A dream comes true).
Donc insinuer que 2009 sera pire, ou difficilement pire que 2008 est une tautologie fort plaisante : autrement dit, il y a de grandes chances que ce sera le cas et l’énoncer ne peut qu’arranger les protagonistes[2].
Je préfère vous souhaiter une très bonne année 2009 qui pourrait s’avérer être bien meilleure que 2008, globalement au moins. Que 2009 soit riche en expériences personnelles et professionnelles exaltantes et qu’elle vous apporte toute la joie et la réussite que vous méritez.
[1]Un tel contrôle devrait être discuté devant le Parlement durant le premier semestre 2009 pour en fixer les modalités par une loi organique. L’expression est déjà critiquée par une partie de la doctrine, celle-ci préférant des expressions plus dénotatives (« procédure de question préjudicielle de constitutionnalité » devant les tribunaux et, après filtrage, examen du Conseil constitutionnel pour assurer la protection des droits fondamentaux ; ou « exception d’inconstitutionnalité » ; voire « pourvoi / ou recours de constitutionnalité pour la défense des Droits fondamentaux » (la dernière est de moi… PCDDF pour les recours judiciaires acceptés par la Cour de cassation. RCDDF pour la procédure devant le Conseil dÉtat))
[2] Ceux qui gouverneront et, bien évidemment, tous ceux qui seront dans l’opposition.
Les citoyens progressistes de la France doivent être bien embarrassés lorsqu’ils rencontrent leurs homologues d’autres pays et qu’ils doivent répondre à la question fatidique : « mais où est la gauche française ? ».
Nulle part et partout à la fois… Divisée mais en train de se refonder… Exsangue et déterminée à le rester ?
Il ne s’agit pas cette fois d’une « exception à la française », mais le fait est que l’histoire de « la gauche » française est extraordinairement complexe. La Ière République a été proclamée le 21 septembre 1792 par la Convention nationale qui venait alors d’opérer un coup d’État légal en abolissant la monarchie. Contrairement à ce qu’arguait M. Guaino sur le plateau de Ripostes le dimanche 23 novembre 2008, la filiation socialiste de révolutionnaires de l’époque ne fait aucun doute. Même si le terme « socialisme » n’apparaîtra que plus tard - en 1830 à peu près -, les révolutionnaires de l’époque sont indubitablement des socialistes ou des libéraux, c’est-à-dire des « progressistes » - par opposition aux « conservateurs » qui souhaitaient le maintien du roi et de la monarchie de droit divin (« Ainsi se trouve posé le double problème des origines intellectuelles du socialisme et de l’émergence de revendications socialistes dès la fin du XVIIIème s., au temps de la Révolution française ». En outre, l’auteur énonce : « il est certain que les socialismes se veulent la promesse d’une conciliation de deux exigences, l’autonomie individuelle et l’unité sociale ». Jean-Paul Thomas, « socialisme », Dictionnaire de la philosophie politique, PUF, 2003).
Mais au-delà de ce clivage droite - gauche[1] « la gauche » française a sempiternellement été divisée.
Face aux conservateurs qui ont systématiquement été contre : le suffrage universel (masculin - jusqu’en 1848 - puis féminin - jusqu’en 1944), la liberté (d’association, de réunion, de se syndiquer, de religion etc… etc…) et bien sûr l’égalité, les progressistes ont fait ce qu’ils pouvaient. D’aucuns diront pas grand-chose. D’où une nouvelle fracture entre les « réformistes » et les « révolutionnaires » au sein de cette grande famille « progressiste ».
Schématiquement donc, nous avons deux grandes familles au sein de « la gauche » : les réformistes et les révolutionnaires. Pourtant, les équivoques sont nombreuses et, par exemple, jusqu’à très récemment le Parti socialiste français assumait sa filiation révolutionnaire (alors que le PS est un courant réformiste au sein des forces progressistes). En revanche, si l’objectif est peu ou prou le même, les moyens pour y parvenir ont toujours été différents. Les réformistes croient en un changement progressif de la société et essayent de contrôler démocratiquement les institutions. Les révolutionnaires sont convaincus que seul un changement drastique de la société pourra permettre aux peuples de la Terre de goûter au « bonheur commun » - expression issue de la rédaction de l’article Ier de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1793 (attention, pas la DDHC du 26/08/1789). Ces derniers sont ipso facto contre les institutions en place et ne cherchent pas à les conquérir réellement (l’objet de leur participation à des élections « démocratiques » étant plus exactement de précipiter la chute des institutions qu’ils contestent).
Loin de formuler un quelconque jugement, votre fidèle serviteur essaye tout simplement de dépeindre la situation des forces progressistes françaises. Ce tableau politique est donc d’une certaine manière byzantin et forcément incomplet.[2]
Mais le plus important est la leçon que « la gauche » française doit tirer de ses errements séculaires. Face à un front contre-révolutionnaire, conservateur ou réactionnaire dont l’hégémonie sur la surface du globe ne fait aucun doute, la gauche française doit se réconcilier sans tarder. Cela ne fera sûrement pas plaisir aux conservateurs français d’être traités de « réactionnaires ». Pourtant, c’est la cruelle vérité. De même, les réformistes ne se réjouiront certainement pas d’être considérés par l’auteur de ces lignes comme des « révolutionnaires ». Pourtant, c’est un fait historique et ils doivent assumer leur origine « révolutionnaire » héritée du siècle des Lumières et d’un certain nombre de Modernes.
Par conséquent, le seul problème que « la gauche » française doit résoudre peut se résumer en un repositionnement philosophico-politique. Doit-elle virer à « bâbord toute » en scandant « l’indépendance à tout prix » (stratégie de l’aile gauche de la gauche) ; doit-elle contracter un mariage forcé avec le social-libéralismeen reniant ses origines (stratégie de l’aile droite, ou « économique », de la gauche) ; ou encore, doit-elle se refonder en prenant en compte les valeurs et les acquis des républicains progressistes du passé[3] tout en insistant pour ramener sur le tortu chemin un grand nombre de moutons libéraux égarés ?
En effet, l’unique question se situe sur le terrain des prises de positions politiques à adopter. Autrement dit, dès lors que « la gauche » saura ce vers quoi elle doit tendre (la défense d’un intérêt général qui ne se résume pas à l’addition des multiples volontés individuelles des citoyens de la République), le programme politique découlera de lui-même. Ainsi, lorsque « la gauche » aura pris conscience que la recherche du « bonheur de tous »[4] a pour corollaire des affrontements, notamment politiques, avec ceux qui estiment que l’intérêt individuel - voire celui du plus fort - doit prévaloir, les Hommes seront attirés par cet autel progressiste comme si c’était un feu en plein hiver.
Or, quel est le diagnostic, quel est l’état des forces progressistes (le positionnement sur l’échiquier politique allant des partis situés le plus à droite vers ceux étant le plus à gauche) : les radicaux de gauche (qui contrairement à leur appellation sont plus centristes que les socialistes ; ils ont, par exemple, voté largement en faveur du « oui » lors de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008) ; un PS au bord de la scission (notamment à cause de S. Royal qui décidément n’en démord pas et souhaiterait que le PS devienne un parti centriste) ; un tout nouveau Parti de gauche qui va tenter de se positionner à gauche du PS et de faire le lien avec d’autres petits partis de gauche ; un PCF mal en point et lui-même au bord du gouffre politique ; une LCR qui tente de se métamorphoser par le biais du NPA (Nouveau parti anticapitaliste) en parti de masse ; un POI (Parti ouvrier indépendant) et une LO (Lutte ouvrière) quasiment inexistants d’un point de vue médiatique ; sans compter les innombrables petits partis, ni les fractions des derniers groupements politiques révolutionnaires cités ci-dessus, qui se situent encore plus à gauche…
Quelle est la conséquence d’un tel éclatement : le désintérêt de l’immense majorité des citoyens progressistes qui n’y comprennent plus rien, sont dégoûtés de la politique et préfèrent renoncer plutôt que de promouvoir leurs idées.
Pour conclure, quel pourrait être le remède ?L’union (et non pas l’unité), d’abord nationale, de toutes ces forces politiques, puis la construction à l’échelle mondiale d’une société juste - aurais-je omis de préciser que tous les progressistes souhaitent l’avènement d’une société internationale juste et libre(par opposition, encore une fois, aux conservateurs qui préfèrent le nationalisme, l’autoritarisme[5] - voire le totalitarisme - et le repli sur soi [malgré tous leurs plaidoyers en faveur de la mondialisation de la société… Mais d’un point de vue économique seulement]) ; c’est peut-être le dénominateur commun ultime - l’internationalisme - sur lequel ils devraient s’appuyer.
Denis Rosa da Costa
« Les problèmes politiques sont les problèmes de tout le monde ; les problèmes de tout le monde sont des problèmes politiques ».
[1]selon le classement entre les régicides qui souhaitaient la mort du roi et qui se sont décalés sur la gauche du président de l’assemblée, et ceux qui étaient contre la mise à mort de Louis XVI - et qui se sont placés sur la droite du président.
[2]Les libéraux, notamment, ont délibérément été exclus de cette étude. Progressistes par nature mais refusant de se classer à « gauche », l’escamotage de la famille des libéraux dans le présent billet semblait opportun.
Cependant, le dictionnaire Le Petit Robert fournit la définition suivante : c’est « l’ensemble de doctrines qui tendent à garantir les libertés individuelles ». Une autre acception du terme exprime « l’attitude de respect à l’égard de l’indépendance d’autrui, de tolérance envers ses opinions » dont fait preuve le libéralisme.
Au surplus, la littérature étant abondante sur le sujet, je vous renvoie aux excellentes définitions du Dictionnaire de la philosophie politique de : Philippe Raynaud, « libéralisme », p. 393 ; Jean-Paul Thomas, « socialisme », p. 718 ; Philippe Bénéton, « conservatisme », p. 130 ; André Enegrén, « totalitarisme », p. 817 ; ou, dans une autre œuvre de référence, à l’entrée de Lucien Jaume, « libéralisme », Dictionnaire de la culture juridique, PUF, 2003, p. 937.
Pour tous ceux qui n’ont pas accès à des bibliothèques spécialisées, voici encore une fois le lien vers l’article de Jérémy Mercier : Que signifie le terme « libéral ».
[3] Car ils ont tout de même obtenu : l’instauration du suffrage universel, l’introduction de la laïcité, la création de divers impôts de redistribution des richesses - tels que les impôts sur le revenu, sur les grandes fortunes -, l’imposition des réductions du temps de travail et des congés payés…
[4] Formule issue cette fois-ci du préambule de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789 (au fait, a-t-il une valeur et une autorité juridiques constitutionnelles, ou ne faut-il prendre en compte que les articles déclaratoires de droit ? La doctrine semble toujours divisée à ce sujet alors même que la valeur et l’autorité juridiques constitutionnelles de ce document ne font aucun doute. En effet, a contrario, comment pourrait-on reconnaître que le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 possède une telle autorité juridique si celui de 1789 n’en possède pas ? Il s’agit bien entendu du « préambule » du préambule contenant notamment l’expression « Principes fondamentaux reconnus par les lois de la République » et qui précède les alinéas proclamant les « Principes particulièrement nécessaires à notre temps ». De surcroît, ce « préambule » du préambule a été recopié presque intégralement dans la décision du Conseil constitutionnel du 27 juillet 1994 afin de donner au principe du respect de la dignité de la personne humaine une valeur et une autorité constitutionnelles (Cconst, 27/07/1994, n°94-343/344 DC à propos des lois sur la bioéthique)).
[5]Pour s’en convaincre, il suffit de constater que N. Sarkozy symbolise le summum des chefs d’États ubiquistes.
Ô roi des rois des sciences économiques… Ô devin parmi les devins !
Ce billet aura sûrement autant d’impact qu’un pet de mouche dans l’océan ! Mais bon…
Je me délecte de votre article paru dans Le Monde Diplomatique d’octobre 2008[1].
Ce billet est destiné à tous ceux qui n’ont pas oublié le sens du mot « liberté ».
Considérant que les citoyens Frédéric Lordon, Liêm Hoang Ngok, Thomas Piketty, Pascal Boniface, Jean-Christophe Victor, Ghislaine Alberton, Marie-Anne Cohendet, Éric Toussaint, Érik Zehler[2], Ibrahim Warden, Michel Onfray (et la liste est résolument non exhaustive…), méritent nos encouragements ; considérant qu’ils ont été bien trop souvent marginalisés par leurs pairs et par l’opinion publique, le Club des Blogueurs leur décerne la médaille du courage, de la ténacité et de la clairvoyance.
En dépit de tous leurs diplômes ; malgré toutes leurs démonstrations claires et rigoureuses, il existe des millions de spécialistes et de scientifiques qui ne peuvent diffuser leurs idées et qui sont cantonnés à de miniscules fenêtres médiatiques[3].
Aussi, ce billet est une apologie dédiée à tous ces auteurs mais également un appel populaire (d’aucuns diront « populiste ») unilatéral : essayez de développer au maximum votre esprit critique/réflexif ; recherchez et exigez une information impartiale et objective ; tâchez de débattre au lieu de vous battre (ça semble être une évidence mais ça va mieux en le disant).
Amoureux de la liberté : défendons-la !
Une chercheure, Tanya Cariina Hsu, a récemment écrit un article sur le marasme financier des Etats-Unis (un peu long, mais fort instructif). Elle cite Thomas Jefferson qui énonçait il y a près de deux siècles : « Je crois que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que le sont les armées ».[4]
[1] Morceaux choisis de l’article de F. Lordon : Le jour où Wall Street est devenu socialiste. « Le New York Times rapporte que MM. Paulson et Bernanke, apparaissant le 16 septembre au soir pour annoncer leur plan, ont l’air sombre. On les comprend : à côté d’eux le président Hugo Chávez est un pantin libéral […] : lui paye quand il nationalise ! »
« Aussi [MM. Paulson et Bernanke] ne sont pas au bout de leur peine. La casquette à étoile rouge leur va comme des bretelles à un cochon, mais au moins, eux, ont-ils compris qu’ils devaient la garder vissée sur la tête tout le temps nécessaire. […] Seul l’État, par un geste de souveraineté pure, totalement exorbitant du droit commun, s’autorisant l’impensable - comme nationaliser à vue en ne payant que plus tard […] - peut mettre un terme aux rendements croissants d’effondrement que nourrissent les mécanismes du divin marché. Ce sera donc la casquette ou bien l’Apocalypse ».
« Il n’y a que de mauvaises solutions, en tout cas conformément aux canons usuels de l’orthodoxie. C’est pourquoi nos amis à casquette iront jusqu’où il faudra pour faire ce qui doit l’être ; c’est pourquoi aussi les dogmes que tant de convertis ont stupidement adorés vont bientôt connaître les poubelles. Recapitalisations par émissions monétaires, saisies pures et simples, contrôle des changes, si les choses tournent mal, on n’a peut-être encore rien vu. L’histoire progresse par des voies bizarres. Ouvrons bien les yeux, nous entrons en territoire inconnu. »
[2]Mille excuses si le patronyme de cet économiste a été écorché : à part deux ou trois émissions sur LCP (La Chaîne Parlementaire), cet économiste n’est que rarement consulté. Pourtant, sa thèse sur les bienfaits de la réduction du temps de travail est intéressante. Il montre subtilement comment les pays développés tels que l’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark, les pays scandinaves se dirigent vers le passage aux 32 heures de travail hebdomadaires. A contrario, le Royaume-Uni ainsi que la France, par exemple, souhaitent augmenter sans relâche le temps de travail et l’âge du départ à la retraite (il s’agit donc : « d’une stratégie de pays en voie de développement » T. Piketty).
[3]Tandis que les Sieurs Jacques Attali, Alain Finkielkraut, Luc Ferry, Alexandre Adler, Samuel Huntington, Nicolas Baverez, Jean-Marc Sylvestre, François de Clozets ainsi que BHL & Cie pullulent dans notre environnement médiatique (pour ne pas dire polluent notre environnement médiatique).