jan 03
Une avalanche de plaintes submerge la CEDH
Le greffe de
Il semblerait donc que quelques centaines de Français aient formé individuellement un recours contre ce qu’ils appellent « un déni de démocratie ». Les requérants estiment que le traité de Lisbonne ne doit pas être ratifié par voie parlementaire après les référendums français et hollandais.
La plainte insiste sur le mode d’élaboration du « mini-traité », ou plutôt du « traité modificatif » (1). Ce dernier a été préparé par une conférence intergouvernementale (CIG) qui n’aurait pas la même légitimité démocratique qu’une commission ad hoc composée de membres désignés démocratiquement (par les parlements nationaux ou par les peuples européens). En effet,
Pour ma part, je considère qu’une ratification parlementaire serait tout aussi démocratique qu’une ratification référendaire. Néanmoins, l’argument des requérants n’est pas si fallacieux qu’il n’y paraît. Je m’explique : à l’instar de ce que sont les lois de ratifications parlementaires pour les ordonnances issues d’habilitations législatives, l’idée sous-jacente de leur raisonnement est de revêtir un texte préparé par le pouvoir exécutif d’une valeur et d’une force légales (par le biais d’une loi de ratification référendaire, ou référendum populaire en l’occurrence). C’est-à-dire que, tout comme les habilitations législatives permettent à des ordonnances d’acquérir force de loi, seul un référendum permettrait d’obtenir une ratification démocratique (compte tenu des référendums négatifs du 29 mai 2005 et du 1er juin 2005). D’aucuns pensent cependant que ces plaintes sont vouées à l’échec et je vous invite à consulter l’article de Jean Quatremer (et surtout les nombreux commentaires afférents) afin d’obtenir plus de précisions.
Pour conclure, nous pourrions pointer du doigt le problème récurrent qui concentre bon nombre des critiques formulées à l’égard de l’Union européenne : le manque de clarté et de légitimité démocratique des institutions communautaires. En effet, de
(1) L’intitulé “traité simplifié” ou “mini-traité” proposé par N. Sarkozy n’ayant pas été retenu par la CIG.
(2) L’article 3 du protocole additionnel N°1 dispose que : « [Les Etats membres] s’engagent à organiser, à des intervalles raisonnables, des élections libres au scrutin secret, dans les conditions qui assurent la libre expression de l’opinion du peuple sur le choix du corps législatif ».
(3) Qu’on ne doit pourtant pas confondre avec le Conseil de l’Europe qui est une organisation internationale destinée à promouvoir la démocratie au sein de ses 47 Etats membres. Sa Cour, la CEDH, doit sanctionner les atteintes à

janvier 4th, 2008 à 13:43
Bonjour,
Je ne vois vraiment pas ce qu’il peut y avoir de Démocratique dans la procédure de ratification parlementaire!
Aucun élu n’a, la plus infime portion de mandat de ses électeurs, pour leur imposer l’abandon de Souveraineté qu’ils ont majoritairement voulu conserver le 29 Mai 2005; et surtout pas le Président de la République qui s’était engagé, pendant la campagne électorale, à ne pas revenir sur ce vote.
L’opportunité de lancer “un gargantuesque chantier démocratique concernant l’Europe (U.E)” ne peut voir le jour qu’avant la ratification. Après ratification la moindre révision deviendra impossible; c’est l’objet et la finalité de ce “Traité Constitutionnel” malgré son déguisement “Mini” ou “Simplifié”.
Je vous conseille de prendre connaissance du contenu de ses plus de trois mille pages (en comptant les renvois), ou à défaut de son contenu sur les sites:
http://www.nousvoulonsunreferendum.eu
http://www.collectifdu29mai.org
http://www.lepeupleadejaditnon.com
Salutations Républicaines (pour le peu qu’il en reste)
JPaulo
janvier 4th, 2008 à 17:38
“L’opportunité de lancer “un gargantuesque chantier démocratique concernant l’Europe (U.E)” ne peut voir le jour qu’avant la ratification.”
Ca n’est pas totalement impossible mais la tenue d’un référendum semble être délicate à mettre en oeuvre. Une centaine de parlementaires ont accepté de signer la pétition du Collectif national du 29 mai - et donc de voter contre une révision de la Constitution (préalable juridiquement indispensable car le traité de Lisbonne n’est pas le TECE). C’est bien, mais c’est largement insuffisant : 100 sur plus de 900 parlementaires réunis en Congrès ne font pas le poids. En revanche, avec les élections municipales qui se profilent et qui s’exacerberont début février (c’est-à-dire juste après le 4 février 2008, date choisie pour la réunion du Congrès) il est possible de faire jouer la corde sensible de nos parlementaires - généralement détenteurs d’un mandat local. Et donc d’engager leur responsabilité politique locale sur leur attitude lors du vote de la loi constitutionnelle.
Après, si un référendum est octroyé sur cette question, et qu’il s’avère que ce dernier est une nouvelle fois négatif, nous repasserons par la case départ. Les “nonistes” seront accusés d’avoir cassé définitivement la dynamique de l’U.E, mais peut-être que ce double refus populaire incitera les dirigeants politiques européens à mettre en place le plan B (élection d’une assemblée constituante, discussions démocratiques et référendums venant sanctionner les choix institutionnels retenus).
Le nombre des conditions requises afin de voir un tel souhait s’exaucer est donc élevé. C’est pourquoi je préconisais un nouveau départ pour l’U.E après la ratification parlementaire du traité de Lisbonne. Et encore, il faudrait que nos dirigeants acceptent après un tel “coup de force” d’enclencher un processus démocratique : “la dictature c’est ferme la, la démocratie c’est cause toujours”…