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Un peu de contre-propagande
La toute dernière intervention de Clara Rojas peut paraître louable mais elle implique des conséquences fort préjudiciables pour la société internationale. On ne peut qu’excuser un geste qui ne fait que traduire les souffrances que la jeune femme a endurées pendant 5 ans.
On ne peut qu’écouter en silence lorsqu’elle exprime les sévices commis par les FARC. Nous souhaitons tous que Clara Rojas se reconstruise sereinement une santé psychologique et physique. D’ailleurs, il serait souhaitable que des procès aient lieu pour condamner les pratiques des FARC. Cela favoriserait certainement la cicatrisation des plaies causées par la guerre civile.
Par contre, que Clara Rojas accepte d’être l’instrument médiatique du pouvoir en place démontre que l’actuel gouvernement ne veut rien faire en faveur d’une réunification. Elle s’est exprimée récemment sur la proposition d’Hugo Chavez, Président du Venezuela (médiateur dans le conflit opposant le gouvernement colombien et les FARC). Clara Rojas, de nationalité colombienne, a donc rejeté explicitement la proposition de M. Chavez de ne plus qualifier (juridiquement) les FARC de terroristes. Alors qu’une délicate négociation visant à libérer 47 otages contre 500 guérilleros des FARC est sur le point d’aboutir, l’intervention hautement médiatisée de la jeune femme risque de briser cette synergie diplomatique.
Alors, sans vouloir être « l’avocat de la terreur », il faut se remémorer que ce conflit « purement interne » sévit en Colombie depuis plus de 40 ans. De plus, ce n’est que depuis 2005 que les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) sont considérées comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l’UE. Enfin, gageons que tous les Français se souviennent qu’ils luttaient contre des « terroristes algériens » il y a à peu près 50 ans. Avec du recul, cet exemple « franco-français » prouve indubitablement - même si les crimes terroristes ne peuvent jamais être excusés - que la lutte des peuples en faveur de l’émancipation politique est légitime.
En effet, la guerre d’Algérie n’était ni plus ni moins qu’une guerre d’indépendance - de décolonisation - et les FARC sont un groupe de combat séparatiste. Leurs méthodes sont évidement condamnables. Pour autant, il serait regrettable de faire prévaloir la lutte politico-médiatique sur un processus diplomatique fondé sur le dialogue.
L’exemple du Nicaragua est un exemple instructif : en 1979, un soulèvement populaire chassa le dictateur Somoza. Puis une coalition (d’abord anti somoziste, puis marxiste-léniniste) pris le pouvoir. Ensuite, les Etats-Unis, principalement, décidèrent de soutenir les Contras (mouvement de rébellion disparate) et de renverser le gouvernement en place. En 1984, le gouvernement saisit
Les situations ne sont pas comparables. Cependant, il semblerait opportun d’octroyer une fenêtre médiatique aux FARC. La déclaration de C. Rojas ne doit pas interférer avec les efforts actuels de la communauté internationale car qualifier les FARC « d’organisation terroriste » ne sera certainement pas constructif. Néanmoins, on peut tout à fait justifier le cri de désespoir de l’ex-otage des FARC sans pour autant se laisser submerger par la charge émotionnelle qu’elle induit. Laissons les négociations diplomatiques et politiques se dérouler. Elles conduiront à des élections démocratiques qui imposeront (ou pas) des réformes institutionnelles. Ensuite, justice sera rendue.
Enfin, histoire de ruer une dernière fois dans les brancards, il faut mettre l’accent sur l’impossibilité d’être à la fois juge et partie lors d’un procès. Les victimes ont le droit de participer aux différentes phases du procès, mais leurs souffrances ne doivent pas nuire à la sérénité (ou à l’indépendance ? ) de la justice. En dénonçant les FARC comme étant une organisation terroriste, C. Rojas « juge » ipso facto que le mouvement de rébellion est coupable. Pas certains membres ni certaines actions ; non, tout le mouvement séparatiste représentante une organisation criminelle (1). La transition vers la problématique récurrente de l’indépendance de
(1) Sur Euronews, le président colombien déclarait le même jour au siège de l’UE que les FARC sont une organisation terroriste car :
-”C’est un groupe violent dans un pays démocratique.
-leurs fonds proviennent de la vente de drogue.”
Il concluait en affirmant que les seuls négociateurs autorisés sont l’Eglise et les négociateurs européens (excluant ainsi Hugo Chavez et réduisant à néant un embryon de relations diplomatiques entre les deux camps).
NOTA BENE de l’auteur de ce billet :
Toujours sur Euronews, le journaliste Sergio Cantone interviewait le président colombien, Álvaro Uribe. Le journaliste devenant au fur et à mesure “insistant”, le président a exposé plus longuement son point de vue. Il estime que les actions de l’Etat ont contribué à réduire les assassinats, les kidnappings et toutes les opérations des Farc.
Il a également réaffirmé que l’Etat colombien était un Etat de droit et a pointé du doigt les atteintes aux droits de l’Homme perpétrées par les Farc.
Puis le journaliste a “titillé” le président Álvaro Uribe :
- en alertant le président à propos de sa comparaison rapprochant les méthodes des Farc du nazisme.
-En faisant remarquer les divergences diplomatiques entre les autres pays d’Amérique latine et la Colombie (”Argentine”, Venezuela et - soi disant - un bon nombre de pays d’Amériques centrale et du Sud [Vous retrouverez l’intégralité de l’interview sur ce lien]).
Alors, qu’est-ce qui doit être retenu de ces propos ?
On peut admettre que

janvier 27th, 2008 à 22:49
Salut,
Bien venue à l’initiative de contre-propagande…
Bravo pour l’argumentation développée et pour les exemples cités.
En voici un petit rajout d’information que l’on ne trouve pas sur TF1, A2 ou Euronews :
http://www.rebelion.org/noticia.php?id=62360
Mais il serait peut-être utile aussi, de lire les déclarations des intéressés… les dirigeants des FARC…
Comment? Et bien en cliquant sur le lien:
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-01-25%2017:04:39&log=invites
Salutations, JPaulo