mar 24

Un bilan polémique

Tag: GénéralDenis75 @ 17:32

La guerre en Irak, intitulée guerre « préventive » par le Pentagone, n’en finit plus de diviser les peuples. Le bilan des 4000 GI morts est problématique pour les Etats-Unis mais il est très préoccupant côté irakien. L’ambiguïté est maintenue sur le nombre d’Irakiens tués : entre 104 000 et un peu plus de 200 000 (selon l’Organisation mondiale de la santé et le gouvernement irakien) ; près de 650 000 pour une revue scientifique britannique réputée (The Lancet) et plus d’un million selon un institut d’enquête britannique. (1)

Si l’on se hisse au niveau supérieur, on s’aperçoit que l’intervention militaro-politique n’a pas atteint ses objectifs : transformer l’Etat irakien en une démocratie ; libérer le peuple irakien du joug d’un dictateur et des conséquences que le blocus impliquait sur la population ; assurer l’équilibre géopolitique dans cette région sous tension (les Etats frontaliers de l’Irak sont la Turquie, la Syrie, le Koweït, la Jordanie, l’Arabie saoudite et l’Iran. Rappelons également que la région abrite des « zones de turbulences » telles que le conflit israélo-palestinien (billet en anglais à lire sur le sujet) ou les troubles récurrents au Liban).

Mais bon ! Là encore il apparaît nettement que c’est un grand succès selon les têtes pensantes des Etats-Unis. Pourtant, un dernier bilan très préoccupant lui aussi (mais sur le plan économique cette fois) risque de peser lourd dans la balance : le coût de la guerre pour les Etats-Unis s’élève à 500 milliards de dollars.

Alors que faire ? Car c’est trop facile de critiquer et de ne rien proposer en retour… Malgré une certaine volonté de simplifier les enjeux, on s’aperçoit qu’une opération uniquement militaire n’est pas une bonne solution. Vu l’état des lieux, on pourrait envisager une intervention de l’ONU (l’Organisation est déjà très présente en Irak : extraits du rapport du 2 juin 2006 (2) de son Secrétaire général par exemple). Et puis d’ailleurs, les ingérences humanitaire, militaire, économique sont-elles souhaitables et véritablement prolifiques ?

La marge de manœuvre se réduit donc comme une peau de chagrin. Nous pourrions mobiliser les opinions publiques pour opérer un changement stratégique de la part des Etats-Unis. Un désengagement des forces régulières - et surtout des agences de mercenaires symptomatiques de l’externalisation dans l’armée américaine - est parfaitement envisageable. Parallèlement, nous devrions peut-être nous investir personnellement afin d’exiger l’envoi d’une force de maintien de la paix (mais les Casques bleus font l’objet de critiques, d’où la nécessité de faire pression sur nos gouvernements). Et oui car la situation est totalement différente de celle de 2003 (politiquement et dans les faits) et une telle force serait destinée à « porter » un projet politique démocratique. Ensuite, c’est aux institutions irakiennes de proposer, et au peuple irakien de disposer.

 

 

 

 

 

 

 

 

(1) – Sans compter les centaines de milliers de déplacés au cours des cinq dernières années de guerre.

 

 

(2) – Un extrait de ce rapport illustre l’investissement de l’ONU. Au point 15, le Secrétaire général écrit : « pendant la période considérée, mon Représentant spécial est resté en contact étroit avec tous les principaux dirigeants irakiens afin de faciliter les négociations sur la formation du Gouvernement et de promouvoir le dialogue au sein des communautés et entre celles-ci ».

Ou encore au point 31: « selon l’ONU et le Gouvernement, le nombre de personnes déplacées depuis l’attaque de Samarra le 22 février 2006 (depuis les début 2006 et, j’insiste, nous ne sommes qu’en juin 2006) se situe entre 70 000 et 90 000 personnes. [L’ONU continue] de fournir de la nourriture, des abris et des produits alimentaires à autant de personnes déplacées que le permettent les ressources ».

Enfin, au point 72 : « Il faut espérer que la formation du premier Gouvernement (…) marquera le début d’une ère nouvelle (…). Le peuple iraquien, qui souffre depuis si longtemps, mérite de profiter des bienfaits de la paix ».

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