juin 16
La Dictature de la minorité
J’ai terriblement envie d’écrire une petite diatribe contre le chef d’Etat qui effectue sa tournée des Etats membres en vue de la présidence de l’U.E. Son leitmotiv : « passer en force ». En effet, Nicolas Sarkozy a décidé de remonter le moral des dirigeants européens qui pourraient être tentés de ralentir le processus de ratification du Traité de Lisbonne ou pire d’envisager une ratification populaire. Il faut savoir que actuellement 18 Etats ont dors et déjà ratifié le traité. Le Parlement grec a voté pour la ratification du traité le jeudi 12 juin 2008. Donc, 18 Etats membres sur 27 ont ratifié le traité. Par contre, l’Irlande a rejeté par un vote populaire le même texte. D’où la naissance d’une difficulté politico-juridique non négligeable.
Lorsqu’un traité a été « signé » par les gouvernements de différents Etats, il doit systématiquement être « ratifié » (approuvé) par un organe différent : le Parlement pour les engagements internationaux qui n’ont pas d’incidence majeure sur les institutions, la constitution etc ; ou par le peuple. Ensuite, il « entre en vigueur » à une date prévue - en l’occurrence le 1er janvier 2009 pour le Traité de Lisbonne.
C’est pourquoi, lorsque N. Sarkozy traverse toute l’Europe afin d’accélérer le processus de ratification parlementaire, j’émets quelques réserves. Pourquoi une minorité prendrait-elle les décisions fondamentales à notre place ? Cette Europe, qu’on veuille la doter d’une constitution «oupa », c’est la nôtre. Ensuite, si on avance le prétexte que N.Sarkozy a été élu et qu’il a désormais des promesses électorales à tenir, il faut néanmoins garder à l’esprit que ce sont d’autres « engagements présidentiels » qui ont réellement fait consensus. C’est-à-dire que c’est carrément très hypocrite d’affirmer que l’élection de N. Sarkozy signifiait que 20 millions de Français étaient d’accord avec l’ensemble du programme présidentiel. Les promesses électorales qui ont permis à Nicolas d’être élu étaient : l’augmentation du pouvoir d’achat, la revalorisation des retraites, la baisse des prélèvements publics (1) mais pas la relance d’une U.E ultra-libéraliste. Enfin, lorsque l’on vante quotidiennement les vertus de la démocratie et qu’on affiche de manière ostensible son auto-satisfaction à vivre dans « une démocratie », on se doit de la défendre au jour le jour… Becs et ongles ! Or, dans un régime démocratique, le chef de l’Etat n’interfère pas dans les décisions juridictionnelles (confer la décision du Conseil constitutionnel à propos de la loi sur la rétention de sûreté) et il n’encadre pas les pouvoirs du Parlement (confer « la réforme des institutions » et le soi-disant renforcement des prérogatives du parlement (= pouvoir législatif)). Surtout, il respecte les décisions souveraines du peuple.
N.B : Une petite caricature pour illustrer ma thèse.
(1) Oui, bon ! C’est la seule promesse qui a été partiellement tenue. « Partiellement » car une infime partie de la population française observe réellement une diminution des « impôts, taxes et sujétions » en tout genre. La grande majorité des citoyens constatent la hausse alarmante des prix sans pouvoir manifester leur mécontentement (2).

juin 28th, 2008 à 22:19
La diatribe est très bien argumentée, bravo.
Il lui manque juste un “petit détail” pour expliquer l’agitation Présidentielle. En Droit International, un Traité doit être signé par tous les États concernés.
La démarche des oligarchies européennes consiste à tenter d’isoler l’Irlande pour l’obliger à revoter… Mais cette fois-là selon le désir de la minorité au pouvoir.
Il s’agit bien d’une Dictature de la Minorité.
Amitiés,
JPaulo