juil 07

La dérive centriste des grands partis politiques de France

Tag: PolitiqueDenis75 @ 13:23

Le centre, ou « la Plaine », a toujours été une force politique importante de l’histoire institutionnelle française. Depuis la Révolution jusqu’à l’élection de Valéry Giscard d’Estaing, les centristes ont réuni énormément d’hommes politiques et constitué des coalitions regroupant divers partis politiques. Pourtant, nous devons constater que depuis bientôt 30 ans, le centrisme est moins présent sur l’échiquier politique. C’est le corollaire logique d’une dérive : la dérive centriste des grands partis politiques français.

 

En effet, que ce soit le PS ou le RPR, maintenant l’UMP, la droite et la gauche ont délibérément « dérivé » vers le centre. Dans les systèmes anglo-saxons, il est courant que les deux principaux partis adoptent une ligne politique médiane. Les programmes sont identiques, et les partis alternent régulièrement tout en poursuivant une politique semblable (Etats-Unis, Royaume-Uni). Mais, au sein des régimes pluripartistes, de nombreux partis confrontent des idées nécessairement différentes, puis, le cas échéant, ils forment des coalitions afin d’obtenir une majorité capable de légiférer et de gouverner.

 

La France est un pays dont la tradition parlementariste et pluripartiste est reconnue par tous les observateurs. Or, avec cette dérive centriste, la droite et la gauche ont décidé de concert d’abolir cette tradition du multipartisme. En effet, depuis quasiment 30 ans, la gauche et la droite accèdent alternativement au pouvoir avec des programmes qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Les centristes sont forcément gênés par ces intrusions et résistent plutôt bien que mal. Par exemple, M. Bayrou a héroïquement obtenu près de 7 millions de voix au premier tour, soit 18,55% des suffrages exprimés (1). Entre le premier et le second tour des élections municipales, les listes du Modem ont été très courtisées. Le soir du second tour, une candidate du Modem faisait subtilement remarquer que son parti était considéré par les deux principaux partis politiques comme « une véritable force politique » avant le deuxième tour, pour finalement redevenir un petit parti « voué à l’échec » après les élections.

 

Afin d’être exhaustif, on pourrait évoquer le cas du Nouveau centre, mais il faut savoir conclure. Pour ma part, les acteurs politiques de droite comme de gauche semblent résolus à ignorer les autres partis, voire à les « éliminer » - d’ailleurs, la création du Nouveau centre (NC) renforce ce sentiment personnel. Ainsi, Luc Ferry, A. Finkielkraut, F. de Clozets  répètent inlassablement que l’extrême gauche ainsi que le centrisme sont voués à disparaître. A l’instar de la majorité présidentielle, André Santini (NC) - secrétaire d’Etat dans l’actuel gouvernement, c’est-à-dire ministre - condamne purement et simplement les petits partis. Donc, grâce à une rhétorique démagogique, les deux grands partis tentent d’introduire le bipartisme en France pour d’impérieuses nécessités démocratiques.

 

 

(1) En 2002, le même candidat soutenu par l’UDF avait obtenu 1 950 000 voix, soit 6,84% des suffrages exprimés au premier tour.

One Réponse à “La dérive centriste des grands partis politiques de France”

  1. finuta a dit:

    hello,
    Ce que tu viens de nous pondre est assez edifiant de l’effet que je ressens
    ici en Australie via les medias francais et internationaux.
    ceci ce resume simplement au denigrement de l’existence de petit partis en
    France pour ne parler que des deux grands partis.
    alors que la tendance (faible mais existante) démontre que les Francais
    essayent de trouver un moyen de ce faire entendre dans la cacophonie
    politique orchestrée par les deux grands partis n’ayant de différent
    que leur nom respectif.

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