nov 08 2008
Apologie de Frédéric LORDON (et de tous ces illustres inconnus)
Ô roi des rois des sciences économiques… Ô devin parmi les devins !
Ce billet aura sûrement autant d’impact qu’un pet de mouche dans l’océan ! Mais bon…
Je me délecte de votre article paru dans Le Monde Diplomatique d’octobre 2008[1].
Ce billet est destiné à tous ceux qui n’ont pas oublié le sens du mot « liberté ».
Considérant que les citoyens Frédéric Lordon, Liêm Hoang Ngok, Thomas Piketty, Pascal Boniface, Jean-Christophe Victor, Ghislaine Alberton, Marie-Anne Cohendet, Éric Toussaint, Érik Zehler[2], Ibrahim Warden, Michel Onfray (et la liste est résolument non exhaustive…), méritent nos encouragements ; considérant qu’ils ont été bien trop souvent marginalisés par leurs pairs et par l’opinion publique, le Club des Blogueurs leur décerne la médaille du courage, de la ténacité et de la clairvoyance.
En dépit de tous leurs diplômes ; malgré toutes leurs démonstrations claires et rigoureuses, il existe des millions de spécialistes et de scientifiques qui ne peuvent diffuser leurs idées et qui sont cantonnés à de miniscules fenêtres médiatiques[3].
Aussi, ce billet est une apologie dédiée à tous ces auteurs mais également un appel populaire (d’aucuns diront « populiste ») unilatéral : essayez de développer au maximum votre esprit critique/réflexif ; recherchez et exigez une information impartiale et objective ; tâchez de débattre au lieu de vous battre (ça semble être une évidence mais ça va mieux en le disant).
Amoureux de la liberté : défendons-la !
Une chercheure, Tanya Cariina Hsu, a récemment écrit un article sur le marasme financier des Etats-Unis (un peu long, mais fort instructif). Elle cite Thomas Jefferson qui énonçait il y a près de deux siècles : « Je crois que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que le sont les armées ».[4]
[1] Morceaux choisis de l’article de F. Lordon : Le jour où Wall Street est devenu socialiste. « Le New York Times rapporte que MM. Paulson et Bernanke, apparaissant le 16 septembre au soir pour annoncer leur plan, ont l’air sombre. On les comprend : à côté d’eux le président Hugo Chávez est un pantin libéral […] : lui paye quand il nationalise ! »
« Aussi [MM. Paulson et Bernanke] ne sont pas au bout de leur peine. La casquette à étoile rouge leur va comme des bretelles à un cochon, mais au moins, eux, ont-ils compris qu’ils devaient la garder vissée sur la tête tout le temps nécessaire. […] Seul l’État, par un geste de souveraineté pure, totalement exorbitant du droit commun, s’autorisant l’impensable - comme nationaliser à vue en ne payant que plus tard […] - peut mettre un terme aux rendements croissants d’effondrement que nourrissent les mécanismes du divin marché. Ce sera donc la casquette ou bien l’Apocalypse ».
« Il n’y a que de mauvaises solutions, en tout cas conformément aux canons usuels de l’orthodoxie. C’est pourquoi nos amis à casquette iront jusqu’où il faudra pour faire ce qui doit l’être ; c’est pourquoi aussi les dogmes que tant de convertis ont stupidement adorés vont bientôt connaître les poubelles. Recapitalisations par émissions monétaires, saisies pures et simples, contrôle des changes, si les choses tournent mal, on n’a peut-être encore rien vu. L’histoire progresse par des voies bizarres. Ouvrons bien les yeux, nous entrons en territoire inconnu. »
[2] Mille excuses si le patronyme de cet économiste a été écorché : à part deux ou trois émissions sur LCP (La Chaîne Parlementaire), cet économiste n’est que rarement consulté. Pourtant, sa thèse sur les bienfaits de la réduction du temps de travail est intéressante. Il montre subtilement comment les pays développés tels que l’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark, les pays scandinaves se dirigent vers le passage aux 32 heures de travail hebdomadaires. A contrario, le Royaume-Uni ainsi que la France, par exemple, souhaitent augmenter sans relâche le temps de travail et l’âge du départ à la retraite (il s’agit donc : « d’une stratégie de pays en voie de développement » T. Piketty).
[3] Tandis que les Sieurs Jacques Attali, Alain Finkielkraut, Luc Ferry, Alexandre Adler, Samuel Huntington, Nicolas Baverez, Jean-Marc Sylvestre, François de Clozets ainsi que BHL & Cie pullulent dans notre environnement médiatique (pour ne pas dire polluent notre environnement médiatique).
[4] Par conséquent, ne nous trompons pas d’ennemi.
