août 27 2009

Les primaires ouvertes au sein de « la gauche » et le but inavoué de la « social-démocratie standard »

Tag: PolitiqueDenis75 @ 17:33


Dans le précédent billet, j’avais évoqué ce nouveau concept qui mériterait quelques approfondissements : « la social-démocratie standard ». Késako ? Je profite donc du débat sur les primaires qui devrait mobiliser des cohortes de journalistes et tous les participants de l’université d’été du PS à La Rochelle pour tenter d’éclaircir ce concept sorti de mon imagination insatiable.

 

En tant qu’apprenti juriste, j’ai pris l’habitude de tout compartimenter, de tout diviser en parties, catégories, sous-catégories afin de pouvoir analyser clairement un sujet. C’est donc une sorte de réflexe inné qui me pousse à subdiviser la social-démocratie. La « social-démocratie standard » est celle qui a été battue aux dernières élections européennes dans pratiquement tous les pays. Malgré un score en très nette progression, Europe-écologie (les Verts) n’a obtenu que 14 sièges avec 2,8 millions de suffrages ; le PS français également. En tout, 28 sièges au Parlement européen si on additionne les deux. Même si l’UMP et ses satellites ont réuni moins de suffrages (4,8 millions), selon les règles de ce scrutin, cela leur confère 29 sièges. Résultat des courses, on peut affirmer que les conservateurs ont gagné. Du coup, on peut en déduire que la social-démocratie a été battue (et c’est le même constat pour de nombreux États européens).

 

Mais peut-on se permettre d’affirmer que cette social-démocratie là a perdu parce qu’elle ne représentait plus les idéaux d’une majorité des sociaux-démocrates ? Je pense qu’on le peut (d’ailleurs je le fais). D’où ma propension à la renommer : il s’agirait donc de « la social-démocratie standard ».

 

Il ne faut pas non plus oublier le taux d’abstention record à ces élections européennes, les scores relativement bons des partis à gauche de « la gauche » et les défaites accumulées aux élections nationales depuis la dernière victoire de « la gauche » en 1997 (ça remonte à plus de 12 ans tout de même).

 

Pour ma part, la « social-démocratie standard » serait donc un mouvement politique apparu dans les années Soixante-dix qui a renoncé au socle commun de la gauche (la vraie) : le marxisme, l’internationalisme. En épousant les thèses de Keynes (qui, comme chacun sait était un progressiste philanthrope (vous pouvez y voir une certaine pointe d’ironie)), « la social-démocratie standard » a tout simplement tourné le dos au progressisme. On ne peut le nier qu’avec les plus grandes peines du monde et à l’aide de moult sophismes. En effet, comment un mouvement politique converti au capitalisme, à l’économie de marché, à la présidentialisation du régime républicain pourrait se revendiquer du progressisme ?

 

À mon avis, ils sont confrontés à une contradiction insurmontable. Et il n’est pas sage - quel que soit le domaine - de s’accommoder des contradictions. Le seul moyen de lever la contradiction étant d’affirmer qu’il existe « un bon capitalisme » qui pourrait être compatible avec le progressisme. Bien évidemment, la « social-démocratie standard » tente de nous faire avaler cette grosse couleuvre (ou ce boa ?).

 

Cette « social-démocratie standard » n’a donc rien à perdre en tentant de faire émerger son candidat par le biais de primaires ouvertes : elle contribue à l’éclatement de la gauche (la vraie) tout en poursuivant ses propres intérêts.

 

Le but des primaires ouvertes serait de sélectionner un candidat pour toute la gauche. Les dirigeants du PS se sont progressivement tous convertis à cette idée - y compris Benoît Hamon qui était pourtant contre il y a peu de temps. Mais il ne faut pas se leurrer. D’une part, malgré les paroles rassurantes de M. Hamon sur France Info, un grand nombre de militants de droite sera incité à voter pour le candidat qui les satisfera le plus (ou celui qui les effraiera le moins, c’est à vous de voir). D’autre part, les candidats des autres partis de gauche (la vraie) risquent de ne pas se présenter (M. Mélenchon l’a déjà affirmé et le PC s’alignera certainement sur cette conduite sensée ; quant à M. Besancenot, il y a encore moins de chance). Dès lors, leurs sympathisants iront-ils voter pour le candidat du PS ou des Verts qui les séduit le plus ? Ou, plus subtilement, pour celui qui risquerait de dégoûter un maximum de citoyens progressistes : DSK, Marie-Ségolène Royal, Emmanuel Valls ???

 

Sur France 24, un professeur de sciences politiques, le Professeur Sawicki, se montrait très sceptique. Il estimait que cela reviendrait à mettre la charrue avant les bœufs. En effet, il insistait sur le besoin vital d’élaborer en premier lieu un nouveau projet politique, fondé sur un socle idéologique commun qui rassemblerait tous les partisans de la gauche (la vraie). Il affirmait même que l’idée des primaires ouvertes n’était qu’une « stratégie de fuite en avant » puisqu’on ne pourrait pas régler les réels problèmes et arriver ainsi à un consensus sur les idées et sur un programme. De surcroît, il faut imaginer ce qui se passera en 2012. Les primaires ouvertes sont présentées comme étant le seul moyen de réunir « la gauche ». Ok, sauf qu’en 2012 il y aura automatiquement un émiettement des candidatures (peut-être un ponte du PS désappointé ainsi qu’un représentant des Verts plus progressiste que Dany le rouge (MM. Cochet, Mamère ou Bové) ; et forcément tous les candidats de l’extrême-gauche).

 

Je ne peux qu’abonder dans son sens. Vu que la « social-démocratie standard » a subi une cinglante défaite malgré un contexte politique très favorable, il s’agit avant tout de revenir à une stratégie d’alternative. La social-démocratie (la vraie) doit incarner une alternative crédible au « libéralisme capitaliste »[1]. Or, la « social-démocratie standard » se contente de reprendre à son compte les dogmes libéraux qui ont été incorporés - de force - au capitalisme. Son but inavoué est de s’affirmer comme étant le seul et unique courant progressiste. Mais, en se contentant de calquer les politiques des conservateurs, elle échouera en 2012 comme dans le passé.

 

Par conséquent, la social-démocratie (la vraie) doit rassembler tous les opposants au capitalisme autour d’un programme démocratique. En s’alignant sur les propositions de la « social-démocratie standard », les derniers socialistes du PS seront en concurrence avec : certains socialistes dissidents, une partie de la mouvance écologiste, les communistes, les trotskystes… C’est-à-dire, tous leurs alliés qui partagent au moins une chose en commun avec eux : l’internationalisme.




[1] Pour le concept de « libéralisme capitaliste », il faudrait également pondre un billet conséquent (10 - 20 pages… Au bas mot). Je m’y attellerai sous peu mais les lecteurs de ce blog connaissent la distinction que je fais entre le libéralisme économique (très peu en vigueur dans nos sociétés) et ce que j’appelle ici le « libéralisme capitaliste » qui est une variante du  capitalisme (ou ailleurs le « libéralisme sélectif »). Un peu comme le couple infernal socialisme/communisme, le « libéralisme capitaliste » ne serait donc qu’une variante du capitalisme : un capitalisme régulé, un capitalisme humanisé…


août 24 2009

« Le PS doit disparaître » - Réplique à BHL

Tag: PolitiqueDenis75 @ 18:58


Dans une interview accordée à Claude Askolovitch, M. Henri-Lévy (BHL) se livrait une nouvelle fois à un exercice dangereux et déroutant. Dans les colonnes du Journal du Dimanche du 19 juillet 2009, notre maître-penseur dressait « l’acte de décès du PS » tout en appelant de ses vœux un nouveau courant politique débarrassé de ses démons marxistes, anti-libéraux et nonistes[1].

Alors, le PS devrait-il changer de nom parce qu’il n’existe plus aucune possibilité de substituer le socialisme au capitalisme ? Ou le PS doit-il changer de nom car le terme a été galvaudé et qu’il serait préférable que « la gauche » se réorganise autour de valeurs plus consensuelles ? Lire la suite… “« Le PS doit disparaître » - Réplique à BHL”


juil 01 2009

Comment se tirer une balle dans le pied - petit vademecum du parfait conservateur

Tag: PolitiqueDenis75 @ 13:56


Il faut se demander en quoi un billet « coup de gueule » supplémentaire était opportun. Mais après tout, ce Club a essentiellement une fonction cathartique pour l’auteur de ce billet et s’il peut servir à clarifier quelques unes des idées reçues du moment, le billet s’avérera être opportun. Certains disent bien qu’il faudrait arrêter d’être « anti » quelque chose pour paraître crédible (I). D’aucuns répètent à l’envi que les récents revers européens du PS, du MoDem ou d’autres partis minoritaires sont dus à un conservatisme refoulé (II). Sur ce point, il fallait oser : respect ! Enfin, les mêmes prétendent qu’il n’y a pas d’autre alternative (III). Pour ce faire ils amalgament sans scrupule le concept de libéralisme au mode d’organisation sociétal du capitalisme (IV). Lire la suite… “Comment se tirer une balle dans le pied - petit vademecum du parfait conservateur”


fév 20 2009

Plaidoyer en faveur de L’autre

Tag: PolitiqueDenis75 @ 13:42


Hier, un commentaire a été envoyé à propos du dernier billet concernant M. Thatcher. Suite à une erreur d’un administrateur débutant (lol), le commentaire a disparu mais le voici reproduit ci-dessous :

 

« On peut ne pas être d’accord avec la politique de Thatcher. Mais ça n’empêche pas d’avoir de vrais arguments. Ici il n’y en a pas. C’est quoi l’intérêt de ces propos? C’est une critique? De quoi? De qui? Ce blog m’avait habitué à mieux, du point de vue de l’argumentation et du style. »

 

Chacun a le droit d’exprimer ses opinions sur ce blog - dans le cadre des lois républicaines - et tout associé peut rédiger un petit billet (de même, l’association est ouverte à tous). Concernant le billet précédent, l’intérêt du billet réside dans la présentation d’un documentaire qui a de fortes chances de rester inconnu du grand public. C’est bien évidemment une critique positive. « De quoi », du documentaire et de son contenu. « De qui » ? De L’autre… Un des associés !

 

Les arguments sont présents. L’autre critique la politique de Thatcher et présente un bilan incontesté : le chômage avait augmenté ; le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté aussi. Les prélèvements publics ont baissé de 2 points du PIB en 11 ans mais la productivité[1] des travailleurs britanniques s’est dégradée. En d’autres termes, pour gagner autant, un Britannique doit travailler plus qu’un Français, Allemand, Néerlandais, Danois etc. etc…

 

Alors, entendons-nous bien. Le bilan est peu ou prou le même pour la France. Mais nos dirigeants y sont allés doucement, plus progressivement, peut-être plus démocratiquement. Puis, vint N. Sarkozy qui osa tout… Mais je m’arrête là car il ne faudrait pas mettre dans le même sac R. Reagan, M. Thatcher, les Bush, S. Berlusconi et N. Sarkozy. Si ?




[1] Ce petit débat date de la dernière élection présidentielle (pendant l’entre-deux tour). Il est toujours d’actualité et il oppose un brillant économiste (T. Piketty) à un autre économiste conservateur (N. Baverez) et à M. Copé.

- http://www.dailymotion.com/search/piketty/video/x1unqs_thomas-piketty-demonte-la-propagand_news

- http://www.dailymotion.com/search/piketty/video/x1ur6x_thomas-piketty-coppe-2_news

- http://www.dailymotion.com/search/piketty/video/x1uo6l_thomas-piketty-3_news

 


déc 06 2008

De la gauche française et de ses turpitudes

Tag: PolitiqueDenis75 @ 17:22


Les citoyens progressistes de la France doivent être bien embarrassés lorsqu’ils rencontrent leurs homologues d’autres pays et qu’ils doivent répondre à la question fatidique : « mais où est la gauche française ? ».

 

Nulle part et partout à la fois… Divisée mais en train de se refonder… Exsangue et déterminée à le rester ?

 

Il ne s’agit pas cette fois d’une « exception à la française », mais le fait est que l’histoire de « la gauche » française est extraordinairement complexe. La Ière République a été proclamée le 21 septembre 1792 par la Convention nationale qui venait alors d’opérer un coup d’État légal en abolissant la monarchie. Contrairement à ce qu’arguait M. Guaino sur le plateau de Ripostes le dimanche 23 novembre 2008, la filiation socialiste de révolutionnaires de l’époque ne fait aucun doute. Même si le terme « socialisme » n’apparaîtra que plus tard - en 1830 à peu près -, les révolutionnaires de l’époque sont indubitablement des socialistes ou des libéraux, c’est-à-dire des « progressistes » - par opposition aux « conservateurs » qui souhaitaient le maintien du roi et de la monarchie de droit divin (« Ainsi se trouve posé le double problème des origines intellectuelles du socialisme et de l’émergence de revendications socialistes dès la fin du XVIIIème s., au temps de la Révolution française ». En outre, l’auteur énonce : « il est certain que les socialismes se veulent la promesse d’une conciliation de deux exigences, l’autonomie individuelle et l’unité sociale ». Jean-Paul Thomas, « socialisme », Dictionnaire de la philosophie politique, PUF, 2003).

 

Mais au-delà de ce clivage droite - gauche[1] « la gauche » française a sempiternellement été divisée.

 

Face aux conservateurs qui ont systématiquement été contre : le suffrage universel (masculin - jusqu’en 1848 - puis féminin - jusqu’en 1944), la liberté (d’association, de réunion, de se syndiquer, de religion etc… etc…) et bien sûr l’égalité, les progressistes ont fait ce qu’ils pouvaient. D’aucuns diront pas grand-chose. D’où une nouvelle fracture entre les « réformistes » et les « révolutionnaires » au sein de cette grande famille « progressiste ».

 

Schématiquement donc, nous avons deux grandes familles au sein de « la gauche » : les réformistes et les révolutionnaires. Pourtant, les équivoques sont nombreuses et, par exemple, jusqu’à très récemment le Parti socialiste français  assumait sa filiation révolutionnaire (alors que le PS est un courant réformiste au sein des forces progressistes). En revanche, si l’objectif est peu ou prou le même, les moyens pour y parvenir ont toujours été différents. Les réformistes croient en un changement progressif de la société et essayent de contrôler démocratiquement les institutions. Les révolutionnaires sont convaincus que seul un changement drastique de la société pourra permettre aux peuples de la Terre de goûter au « bonheur commun » - expression issue de la rédaction de l’article Ier de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1793 (attention, pas la DDHC du 26/08/1789). Ces derniers sont ipso facto contre les institutions en place et ne cherchent pas à les conquérir réellement (l’objet de leur participation à des élections « démocratiques » étant plus exactement de précipiter la chute des institutions qu’ils contestent).

 

Loin de formuler un quelconque jugement, votre fidèle serviteur essaye tout simplement de dépeindre la situation des forces progressistes françaises. Ce tableau politique est donc d’une certaine manière byzantin et forcément incomplet.[2]

 

Mais le plus important est la leçon que « la gauche » française doit tirer de ses errements séculaires. Face à un front contre-révolutionnaire, conservateur ou réactionnaire dont l’hégémonie sur la surface du globe ne fait aucun doute, la gauche française doit se réconcilier sans tarder. Cela ne fera sûrement pas plaisir aux conservateurs français d’être traités de « réactionnaires ». Pourtant, c’est la cruelle vérité. De même, les réformistes ne se réjouiront certainement pas d’être considérés par l’auteur de ces lignes comme des « révolutionnaires ». Pourtant, c’est un fait historique et ils doivent assumer leur origine « révolutionnaire » héritée du siècle des Lumières et d’un certain nombre de Modernes.

 

Par conséquent, le seul problème que « la gauche » française doit résoudre peut se résumer en un repositionnement philosophico-politique. Doit-elle virer à « bâbord toute » en scandant « l’indépendance à tout prix » (stratégie de l’aile gauche de la gauche) ; doit-elle contracter un mariage forcé avec le social-libéralisme  en reniant ses origines (stratégie de l’aile droite, ou « économique », de la gauche) ; ou encore, doit-elle se refonder en prenant en compte les valeurs et les acquis des républicains progressistes du passé[3] tout en insistant pour ramener sur le tortu chemin un grand nombre de moutons libéraux égarés ?

 

En effet, l’unique question se situe sur le terrain des prises de positions politiques à adopter. Autrement dit, dès lors que « la gauche » saura ce vers quoi elle doit tendre (la défense d’un intérêt général qui ne se résume pas à l’addition des multiples volontés individuelles des citoyens de la République), le programme politique découlera de lui-même. Ainsi, lorsque « la gauche » aura pris conscience que la recherche du « bonheur de tous »[4] a pour corollaire des affrontements, notamment politiques, avec ceux qui estiment que l’intérêt individuel - voire celui du plus fort - doit prévaloir, les Hommes seront attirés par cet autel progressiste comme si c’était un feu en plein hiver.

 

Or, quel est le diagnostic, quel est l’état des forces progressistes (le positionnement sur l’échiquier politique allant des partis situés le plus à droite vers ceux étant le plus à gauche) : les radicaux de gauche (qui contrairement à leur appellation sont plus centristes que les socialistes ; ils ont, par exemple, voté largement en faveur du « oui » lors de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008) ; un PS au bord de la scission (notamment à cause de S. Royal qui décidément n’en démord pas et souhaiterait que le PS devienne un parti centriste) ; un tout nouveau Parti de gauche qui va tenter de se positionner à gauche du PS et de faire le lien avec d’autres petits partis de gauche ; un PCF mal en point et lui-même au bord du gouffre politique ; une LCR qui tente de se métamorphoser par le biais du NPA (Nouveau parti anticapitaliste) en parti de masse ; un POI (Parti ouvrier indépendant) et une LO (Lutte ouvrière) quasiment inexistants d’un point de vue médiatique ; sans compter les innombrables petits partis, ni les fractions des derniers groupements politiques révolutionnaires cités ci-dessus, qui se situent encore plus à gauche…

 

Quelle est la conséquence d’un tel éclatement : le désintérêt de l’immense majorité des citoyens progressistes qui n’y comprennent plus rien, sont dégoûtés de la politique et préfèrent renoncer plutôt que de promouvoir leurs idées.

 

Pour conclure, quel pourrait être le remède ?  L’union (et non pas l’unité), d’abord nationale, de toutes ces forces politiques, puis la construction à l’échelle mondiale d’une société juste - aurais-je omis de préciser que tous les progressistes souhaitent l’avènement d’une société internationale juste et libre (par opposition, encore une fois, aux conservateurs qui préfèrent le nationalisme, l’autoritarisme[5] - voire le totalitarisme - et le repli sur soi [malgré tous leurs plaidoyers en faveur de la mondialisation de la société… Mais d’un point de vue économique seulement]) ; c’est peut-être le dénominateur commun ultime - l’internationalisme - sur lequel ils devraient s’appuyer.


                                                                                     Denis Rosa da Costa                   

     

         « Les problèmes politiques sont les problèmes de tout le monde ; les problèmes de tout le monde sont des problèmes politiques ».



 

[1] selon le classement entre les régicides qui souhaitaient la mort du roi et qui se sont décalés sur la gauche du président de l’assemblée, et ceux qui étaient contre la mise à mort de Louis XVI - et qui se sont placés sur la droite du président.

 

 

[2] Les libéraux, notamment, ont délibérément été exclus de cette étude. Progressistes par nature mais refusant de se classer à « gauche », l’escamotage de la famille des libéraux dans le présent billet semblait opportun.

Cependant, le dictionnaire Le Petit Robert fournit la définition suivante : c’est « l’ensemble de doctrines qui tendent à garantir les libertés individuelles ». Une autre acception du terme exprime « l’attitude de respect à l’égard de l’indépendance d’autrui, de tolérance envers ses opinions » dont fait preuve le libéralisme.

Au surplus, la littérature étant abondante sur le sujet, je vous renvoie aux excellentes définitions du Dictionnaire de la philosophie politique de : Philippe Raynaud, « libéralisme », p. 393 ; Jean-Paul Thomas, « socialisme », p. 718 ; Philippe Bénéton, « conservatisme », p. 130 ; André Enegrén, « totalitarisme », p. 817 ; ou, dans une autre œuvre de référence, à l’entrée de Lucien Jaume, « libéralisme », Dictionnaire de la culture juridique, PUF, 2003, p. 937.

Pour tous ceux qui n’ont pas accès à des bibliothèques spécialisées, voici encore une fois le lien vers l’article de Jérémy Mercier : Que signifie le terme « libéral »

 

 

[3] Car ils ont tout de même obtenu : l’instauration du suffrage universel, l’introduction de la laïcité, la création de divers impôts de redistribution des richesses - tels que les impôts sur le revenu, sur les grandes fortunes -, l’imposition des réductions du temps de travail et des congés payés…

 

 

[4] Formule issue cette fois-ci du préambule de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789 (au fait, a-t-il une valeur et une autorité juridiques constitutionnelles, ou ne faut-il prendre en compte que les articles déclaratoires de droit ? La doctrine semble toujours divisée à ce sujet alors même que la valeur et l’autorité juridiques constitutionnelles de ce document ne font aucun doute. En effet, a contrario, comment pourrait-on reconnaître que le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 possède une telle autorité juridique si celui de 1789 n’en possède pas ? Il s’agit bien entendu du « préambule » du préambule contenant notamment l’expression  « Principes fondamentaux reconnus par les lois de la République » et qui précède les alinéas proclamant les « Principes particulièrement nécessaires à notre temps ». De surcroît, ce « préambule » du préambule a été recopié presque intégralement dans la décision du Conseil constitutionnel du 27 juillet 1994 afin de donner au principe du respect de la dignité de la personne humaine une valeur et une autorité constitutionnelles (Cconst, 27/07/1994, n°94-343/344 DC à propos des lois sur la bioéthique)).

 

 

[5] Pour s’en convaincre, il suffit de constater que N. Sarkozy symbolise le summum des chefs d’États ubiquistes.


nov 06 2008

Barack Hussein Obama va-t-il casser la baraque ? (bis)

Tag: PolitiqueDenis75 @ 1:28


Depuis le « hold-up démocratique » de l’an 2000, la majorité des États-uniens, ainsi que tous les peuples de la Terre, ressentent de plus en plus l’injustice intrinsèque d’un modèle économique animé exclusivement par l’appât du gain.[1]

 

C’est pourquoi, même si l’issue du scrutin est incertaine, beaucoup attendent avec impatience le 4 novembre 2008 et le Changement !

 

Le « changement » est le leitmotiv des deux candidats mais, pour ma part, seul Barack Obama a une chance infinitésimale de l’incarner.

 

En effet, son origine ethnique, son verbe et ses récentes victoires politiques (notamment contre la Ségolène Royal d’outre-atlantique) sont autant de critères subjectifs qui pourraient faire pencher la balance internationale vers une société plus juste, plus équitable, plus sociale ; bref, en deux mots : plus socialiste.

 

Mais tel n’est pas le programme politique de B. Obama : dès lors, quelles données objectives pourraient permettre un tel revirement idéologique ? Le bon sens ? Trop subjectif ! La pitié ou la piété ? Trop subjectives ! La vérité ?!?

Loin d’apporter toutes les réponses, ce billet est simplement destiné à établir quelques faits afin, peut-être, de se rapprocher de la vérité.

 

Tout d’abord, la tautologie selon laquelle le secteur privé est plus efficient que le secteur public. Les évènements récents et à venir vous démontreront, chers lecteurs, que cette affirmation érigée en tautologie n’était qu’un postulat, voire une vaste fumisterie.[2]

 

Ensuite, les mensonges et amalgames colportés par nos dirigeants à propos de « la gauche » (pour l’Europe en général et la France en particulier) ou des « forces progressistes » (d’un point de vue international).

 

Les exemples sont légions : 

« La gauche française est responsable de la débandade économique de la France ». Mais quand est-ce que la gauche a gouverné la France ? Le cartel des gauches ; le Front populaire de 1936 à 1938 ; quelques ministres de diverses coalitions parlementaires sous la IVème République ; et F. Mitterrand ainsi que L. Jospin sous la Vème République (c’est-à-dire 15 années de majorité politique sur 50 ans… Sans compter le fait que le Sénat n’a jamais été à gauche). Donc la gauche n’a quasiment jamais été au pouvoir mais elle est responsable de toutes les catastrophes économiques qui ont conduit l’État français à… « la faillite » (François Fillon).

 

De même pour l’Italie : Silvio Berlusconi est arrivé au pouvoir pour la première fois en 1994 et il est le chef de gouvernement ayant occupé le plus longtemps ce poste. Mais c’est à cause de quelques coalitions de gauche éphémères (la « sinistra » en italien) que l’Italie est au bord du gouffre en 2008.

Cela pourrait presque devenir comique si les conséquences humaines n’étaient pas catastrophiques !

 

Autre exemple, il y a à peine un an, L. Ferry, J.F. Copé, X. Bertrand déclaraient tous en cœur que l’extrême gauche ne subsistait que dans un seul pays : la France. Ah bon ! Et l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Suède ou l’Allemagne (avec Die Linke) ? Que dire de Cuba, la Bolivie, le Venezuela ou la Colombie (aurait-on oublié l’existence des FARC depuis la libération providentielle de l’une des prétendantes au prix Nobel de la paix 2008 ? La bien nommée Íngrid Betancourt)… Que de mensonges !

 

Enfin, bien sûr, la crise financière internationale. Au Portugal, la plupart des institutions ne la mentionne même pas : elle n’existe pas.[3] Ailleurs, elle est minimisée alors que depuis août 2007 ce sont des centaines de milliards de dollars ou d’euros qui se sont volatilisés. La BCE a injecté en août 2007 plus de 94 milliards d’euros et la Féd plus de 24 milliards de dollars. Plus tard, les injections massives d’argent se sont multipliées et les banques centrales de nombreux pays ont également tenté de sauver l’économie mondiale. Donc le plan Paulson (700 milliards de dollars) ou les 2000 milliards d’euros de l’U.E suffiront-ils à assurer la solvabilité d’un marché de 60 000 milliards de dollars (ou d’euros) ?

Dernière précision, je me permets de corriger Xavier Bertrand car, s’il ne s’agit que de cautions, ce n’est pas une excuse pour mentir à S. Moati et à tous nos concitoyens.[4]

 

Mais revenons-en à nos moutons américains (ou plus exactement états-uniens).[5]

 

L’histoire des États-Unis est marquée par une ségrégation intensive : les Indiens d’Amérique du Nord n’ont obtenu le droit de vote que en 1955 ; l’entrée des premiers noirs dans une université a été ponctuée d’émeutes et s’est soldée par l’intervention des militaires pour empêcher les lynchages ; le statut d’afro-américain n’a été reconnu par la Cour suprême que par un arrêt de 1968. De ce point de vue, B. Obama représente un espoir pour des milliards d’individus et un moyen de tourner la page pour les 300 millions de citoyens des EUA. Justement, B. Obama a non seulement réussi à « dépasser le clivage noirs/blancs » (Rama Yade), mais il a surtout révélé son « talent de conciliateur ». Après 8 ans de déchirements politique et idéologique, le peuple des EUA pourrait effectivement se réconcilier.

 

Par contre, B. Obama n’est certainement pas un socialiste convaincu : par là même, il ne pourra pas proposer des solutions politiques globales capable de résoudre le mal de notre société qui est gangrenée par un « individualisme égoïste » (aux antipodes du concept de « société »). Donc, des données objectives doivent rentrer en ligne de compte : évolutions et conséquences de la crise capitaliste ; mutations de la géopolitique ; genèse de l’Histoire et propagation de l’information…

 

Par conséquent, même si je suis un fervent partisan de Barack Hussein Obama, je n’ai qu’une seule et unique question à poser à B. Obama : « what’s up doctor » Obama ?

 

NOTA BENE : la plupart des éléments de ce billet sont extraits du hors-série « juin-juillet-août 2008 » de Courrier international consacré à B. Obama ainsi que de l’émission Ripostes du 2 novembre 2008.




[1] Je vous recommande vivement de voir ou de revoir l’un des films de M. Moore : Farenheit 9/11. Les coïncidences afférentes à l’élection de Bush junior et aux attaques de l’Afghanistan et de l’Iraq sont plus que troublantes. Outre les liens manifestes entre la famille Bush et la famille Ben Laden, l’élection de George W. Bush ressemble à un simulacre de démocratie. Toutes les chaînes de télévision avaient annoncé la victoire de Al Gore en Floride… Sauf la tristement célèbre Fox. Toutes les enquêtes indépendantes (organisations internationales, organismes non étatiques) ayant décompté à nouveau les suffrages ont donné raison au candidat démocrate mais la Cour suprême a intronisé Bush junior.

 

[2] Voici le passage le plus délicat : pourquoi le secteur privé serait-il meilleur que le secteur public ? Avez-vous déjà vu un État faire faillite ? Non ? Parce que les sociétés qui déposent le bilan chaque année sont nombreuses. Or, les sociétés publiques, entreprises publiques, ou les établissements publics industriels et commerciaux ne font jamais faillite. L’argument n’est pas très probant je vous l’accorde. En voici un autre : quelles sont les « entités » françaises qui dégagent le plus de bénéfices ? Aréva (énergie nucléaire), Véolia (production et distribution d’eau potable), la SNCF, France Télécom/Orange (ainsi que La Poste qui subira bientôt le même sort que ses consoeurs), EDF [-GDF], Air France, EADS (= Airbus, Dassault…) etc… Que des entités qui sont - ou ont été pendant très longtemps (cas de GDF et Air France notamment) - des entités publiques. Vous n’êtes toujours pas convaincu. Alors, expliquez-moi pourquoi à chaque fois qu’une de ces entités passe dans le secteur privé les prestations offertes aux clients ne sont pas réellement meilleures ? Par contre les prix augmentent.

Comme le disait le Professeur Etienne Fatôme lors d’un cours magistral : « le droit, c’est l’art de poser des questions ».

Pour conclure sur ce point, j’ai cherché et cherché des études scientifiques qui démontreraient le primat du secteur privé sur le secteur public : en vain. En revanche, il est plus aisé de lire des textes scientifiques qui démontrent le contraire (confer les efforts faramineux pour nier le dérèglement climatique).

 

[3] « M’enfin ! » (Franquin, Gaston Lagaffe

Ca, c’était vrai jusqu’à la fin des vacances de la Toussaint. En effet, le gouvernement a décidé ce lundi 4 novembre 2008 de nationaliser la BPN (Banco Portuguese de Négocios = Banque portugaise des affaires, secteur privé). Puis, dès le mardi, le Parlement annonçait que les dirigeants de la banque devraient, de jure, renoncer à leurs indemnisations contractuelles [= traduction juridique : durant la période de chômage technique, les clauses du contrat prévoyant des indemnisations pécuniaires pourraient être légalement résiliées]. Ensuite, ça s’accélère… Le Gouvernement, appuyé par le groupe majoritaire au Parlement (le Parti socialiste), envisageait d’annuler les « actes de gestion » de ces quatre dernières années.

 

[4] confer l’émission Ripostes du 26/10/2008 : notre ministre du travail, X. Bertrand, affirmait sans sourciller que la « caution » étatique était une somme d’argent à la disposition des banques. Il affirmait que, tout comme pour les locations d’appartements, cette somme n’avait pas été versée aux banques. Certes, mais en ce qui concerne les  locations, tous - presque tous ? - les citoyens savent pertinemment que la caution ou l’argent est encaissé par le bailleur (privé ou public [et oui, même le CROUS enfreint la loi]) pour n’être reversé que lors de la restitution du logement.

 

[5] En effet, le peuple des Etats-Unis d’Amérique ne compte que 300 millions d’âmes. Pourquoi les Canadiens, les Colombiens, les Vénézueliens, les Équatoriens, les Boliviens, les Argentins, les Brésiliens, les Chiliens - et j’en passe - devraient-ils être amalgamés avec le peuple des Etats-Unis 

 


juil 18 2008

Le FN : le seul parti susceptible de changer la France ?

Tag: PolitiqueDenis75 @ 22:33

Interview donnée au Théâtre de la Main d’Or : vidéo vers le bas, 7, 8, 9, 10 et 11èmes fenêtres (oui, ça dure 1H40…).

Après Dieudonné et un certain nombre de militants du PCF, c’est au tour d’Alain Soral de rallier le parti de Jean-Marie Le Pen. M. Soral a déclaré que : « paradoxalement, moi qui vient de la gauche et du parti communiste, [je pense que] le mouvement le moins pire sur le terrain, compte tenu des aléas de l’histoire, c’est plutôt le Front national. D’où mon pied dehors et mon pied dedans, mon espoir et mon inquiétude ». Lire la suite… “Le FN : le seul parti susceptible de changer la France ?”


Page suivante »